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Vendu 30 fois le prix du pétrole, le nectar emblématique du Canada coule à flots

Publié le 30 juin 2017, 08:26 | Rédigé par James Virgo

Voici un sujet de réflexion pour vous pendant que vous mangerez vos crêpes, le matin de la fête du Canada : saviez-vous que ce sirop d’érable que vous versez allégrement sur vos crêpes se vend 30 fois plus cher que le pétrole?

À 1 700 $ le baril de sirop d’érable1 par rapport à 50 $ pour un baril de pétrole brut, voilà un produit typiquement canadien qui mérite notre attention en ce jour de fête nationale.

Place aux magnats du sirop d’érable!

Le Canada n’est que le sixième producteur de pétrole en importance dans le monde. En revanche, notre pays domine totalement le marché mondial du sirop d’érable, avec plus de 70 % de la production. Il se produit du sirop d’érable en Ontario, au Nouveau-Brunswick, à l’Île-du-Prince-Édouard et en Nouvelle-Écosse, mais le Québec en est sans conteste le principal producteur, grâce à la puissante Fédération des producteurs acéricoles du Québec.

Souvent décrite comme l’OPEP du sirop d’érable, cet organisme exerce un contrôle serré sur le marché. Elle gère l’offre en fixant les contingents de production et les prix, et coordonne les activités des quelque 13 700 producteurs acéricoles de la province.

La réserve stratégique mondiale de sirop d’érable du Canada

Si jamais les érables devaient cesser de couler, rien à craindre : le Canada possède une réserve stratégique mondiale de sirop d’érable, un concept similaire à celui de la réserve d’urgence de pétrole de la Strategic Petroleum Reserve aux États-Unis.

La Fédération gère ce stock « d’or liquide » accumulé sur plusieurs années et gardé dans les régions rurales du Québec et l’utilise pour ajuster l’offre en fonction de la demande ou des récoltes.

Le sirop d’érable est si prisé qu’en 2012 des cambrioleurs ont subtilisé dans la réserve l’équivalent de 18 millions de dollars de sirop. L’an dernier, elle comptait 78,4 millions de livres de précieux sirop conservé en toute sécurité dans trois emplacements protégés par des mesures de sécurité qui n’ont rien à envier à celles d’une banque.

Les États-Unis parviendront-ils à l’indépendance?

Plus de 60 % des exportations canadiennes de sirop d’érable sont destinées aux États-Unis (suivis de l’Allemagne et du Japon). Les producteurs américains commencent toutefois à penser à l’autosuffisance, ce que pourrait appeler ici « l’indépendance érablière ».

Un groupe de la Cornell University à New York travaille notamment à stimuler la production américaine de sirop en développant de nouvelles technologies et techniques. Mais il y a encore beaucoup à faire pour rattraper le Canada. En 2016, la production acéricole canadienne était encore plus de trois fois supérieure à celle des États‑Unis. Il sera intéressant de suivre l’évolution de la dynamique à mesure que la concurrence aux États-Unis s’intensifiera.

Dans le secteur pétrolier, l’OPEP a augmenté l’offre et réduit les prix à un point tel que les producteurs de pétrole de schiste américains peinent à soutenir la concurrence. La même chose pourrait-elle se produire avec le sirop d’érable? On pourrait en effet imaginer un scénario où le Québec essaierait de maintenir sa mainmise sur l’offre mondiale en abaissant les prix ou en dynamisant sa stratégie d’exportation afin de tenir compte de l’augmentation de la production américaine. Le Québec pourrait aussi choisir d’inonder le marché.

Il n’est pas anodin dans cette perspective que la production québécoise ait explosé grâce à une récolte record la saison dernière.

Sérieusement : le sirop d’érable vaut son pesant d’or!

Il ne fait aucun doute que le sirop d’érable est à la fois un produit emblématique pour le Canada et un atout économique non négligeable : la valeur des exportations annuelles de produits de l’érable du Canada s’élève à 380 millions de dollars. On ne blague plus!

Selon la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, l’industrie représente chaque année 750 millions de dollars du produit intérieur brut de la province. En plus de créer quelque 10 000 emplois directs, les producteurs investissent dans des technologies novatrices, comme l’osmose inversée, des évaporateurs et de l’équipement de production de pointe. Indirectement, en investissant dans des obligations provinciales, MD bénéficie de cette contribution à l’économie québécoise.

Ces dernières années, grâce à l’avènement des fonds négociés en bourse (FNB) qui reproduisent les fluctuations des prix de produits de base sous-jacents, il est devenu plus facile d’investir directement dans les produits de base, comme le pétrole et les métaux. Toutefois, on voit mal comment on pourrait placer de l’argent directement dans le sirop d’érable, à moins bien sûr d’acheter sa propre cabane à sucre.

Pour l’instant, et jusqu’à ce quelqu’un quelque part crée un FNB de l’érable, je vais donc me contenter de mettre du sirop d’érable sur mes crêpes et célébrer ainsi la gloire de ce produit emblématique du Canada!

1Source : Fédération des producteurs acéricoles du Québec

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À Propos de James Virgo

James Virgo, CFA, CFP, MBA, est vice-président et responsable national de Conseils en placement privés MD (CPPMD), une division de Gestion financière MD. Il supervise les pratiques et la prestation de conseils en placement pour l’ensemble de CPPMD.