Bienvenue chez
Gestion financière MD

Merci d’utiliser le service de clavardage MD

Pour nous aider à mieux vous servir, veuillez fournir les renseignements demandés ci-dessous.

Communiquez avec un conseiller MD

Le secteur des matériaux : un univers cyclique de preneurs de prix

Publié le 24 août 2017, 11:00 | Rédigé par Craig Maddock

  • Le secteur des matériaux est souvent négligé, mais en raison de sa nature cyclique, il est susceptible de faire bonne figure pendant les périodes de reprise économique.
  • Les sociétés de matériaux sont en règle générale à forte intensité de capitaux, d’où certaines difficultés à générer des rendements intéressants.
  • Grâce à notre gestion active, nous arrivons à trouver les possibilités de placement les plus prometteuses dans ce secteur en pleine croissance.

Dans un monde où l’actualité économique est dominée par les FAANG 
(Facebook, Amazon, Apple, Netflix et Google), le secteur des matériaux se tient dans l’ombre. Souvent, les sociétés de ce secteur produisent seulement des intrants, comme de l’engrais ou d’autres matières brutes, plutôt que des produits finis comme les très en vogue téléphones mobiles ou véhicules autonomes.

Lorsque vous fabriquez le nouveau téléphone dernier cri, vous bénéficiez d’une bonne marge de manœuvre pour fixer vos prix. Pour les nombreux producteurs de matériaux, c’est plutôt le contraire. Ils sont considérés comme des « preneurs de prix », parce qu’ils exercent leurs activités dans des secteurs fortement standardisés composés d’entreprises difficiles à distinguer les unes des autres, comme dans le secteur de la sidérurgie. Ils doivent donc vendre leur production au prix prévalant sur le marché.

Il ne faut pas pour autant négliger ce secteur. Les affaires des sociétés productrices de matériaux ont tendance à suivre les cycles de l’économie et leurs actions sont par conséquent considérées comme cycliques. Lorsque l’économie est en période de relance, il arrive que ces « ennuyeux » preneurs de prix génèrent des rendements plutôt intéressants.

Difficile de générer un bon rendement dans un secteur à coûts élevés

Je comprends l’engouement des investisseurs lorsque le plus récent iPhone fait la manchette et le désintérêt pour les secteurs moins séduisants comme celui des matériaux. La fabrication de produits chimiques, de matériaux de construction, de verre, de papier et de produits forestiers et de produits d’emballage est en effet un peu moins excitante. Les sociétés qui exploitent les métaux, les minéraux et l’extraction minière ne suscitent pas non plus d’émotions.

Pourtant, le secteur des matériaux représente plus ou moins 17 % de l’indice de référence composé S&P/TSX. Au Canada, l’or occupe une place disproportionnée, représentant environ 50 % du secteur. L’indice MSCI Monde (tous les pays) (ACWI) est quant à lui plus diversifié : le secteur des matériaux ne représente que 5 % des possibilités de placement à l’échelle mondiale.

Outre leur manque de charme, les sociétés de matériaux sont en général des entreprises à forte intensité de capitaux. En effet, l’extraction d’or, par exemple, exige une quantité phénoménale d’énergie et des installations aussi gigantesques que complexes. Cet énorme besoin de capitaux nuit évidemment à la création de rendements, car ceux-ci doivent excéder le coût de cet investissement. Sur le plan positif, toutefois, les coûts élevés de démarrage, la rareté de l’or et la complexité des activités d’extraction réduisent considérablement la concurrence. Il est impossible de creuser une mine d’or dans la cour de sa résidence, mais il est tout à fait possible de créer le prochain Facebook dans son sous-sol. Une analyse attentive du secteur des matériaux démontre qu’il peut jouer un rôle important dans un portefeuille de placements. En effet, en plus de leur faculté de se laisser porter par la vague d’une économie en plein essor, certaines entreprises de ce secteur arrivent parfois à fixer leurs prix.

Si nos analyses nous le permettent, nous pouvons accorder une place productive à ces fixeurs de prix cycliques dans nos portefeuilles. Je discutais récemment avec Jorg Hampel, analyste des marchés boursiers chez Mawer Investment Management Limited et gestionnaire d’actifs du Fonds international de croissance MD et du Fonds collectif d’actions internationales GPPMD, de cette façon d’aborder le secteur des matériaux et des entreprises que Mawer privilégie.

Air Liquide, Agrium et PotashCorp : des fixeurs de prix potentiels

Jorg Hampel et ses collègues insistent toujours sur la prudence de leur méthode de placement. Or, comme de nombreuses sociétés de matériaux ont un profil un peu terne, elles sont pratiquement parfaites pour l’application de cette démarche axée sur la prudence.

Air Liquide est l’une des sociétés de matériaux dans lesquelles nous détenons des actions. Air Liquide est le chef de file mondial de la production de gaz, de technologies et de services destinés à diverses industries et au secteur de la santé. L’entreprise est présente dans 80 pays et compte 67 000 employés. Elle compte plus de trois millions de clients et de patients. Air Liquide Canada est l’un des plus importants producteurs de gaz de qualité officinale utilisés dans les hôpitaux et les cliniques médicales. L’entreprise se spécialise dans l’extraction, dans l’air ambiant, de gaz purs.

Contrairement à d’autres sociétés de matériaux, Air Liquide arrive à fixer efficacement ses prix, parce qu’elle construit ses usines en fonction de contrats conclus avec ses clients. Elle récupère en général son investissement initial dans une période de 15 ans, mais la durée de vie utile des usines est d’environ 30 ans, d’où le rendement supérieur au coût des capitaux. Ce modèle crée aussi pour Air Liquide des monopoles locaux, ce qui explique sa capacité à fixer les prix en tant que propriétaire des infrastructures. Pour la période de 10 ans terminée le 31 décembre 2016, Air Liquide a généré un rendement annuel moyen de 8,7 %.

Deux autres sociétés d’intérêt du secteur des matériaux dans lesquelles nous investissons (notamment dans le Fonds croissance de dividendes MD et le Fonds collectif de dividendes GPPMD) sont Agrium et PotashCorp. Ces deux entreprises se trouvent, dans des proportions variables, dans neuf de nos fonds. Les deux entreprises se sont récemment entendues sur un plan de fusion d’où émergera un fournisseur mondial intégré d’engrais et d’autres intrants agricoles dominant à l’échelle mondiale.

Selon Bill Otton, vice-président, Actions canadiennes, chez notre gestionnaire de portefeuille Beutel Goodman, l’entreprise fusionnée sera en excellente position pour réaliser des économies d’environ 500 millions de dollars par année grâce à la rationalisation des deux organisations. PotashCorp investit par ailleurs depuis plusieurs années dans les infrastructures, des investissements qui commenceront bientôt à rapporter des dividendes. Ces deux facteurs contribueront à la création de flux de trésorerie disponibles importants et procureront à l’entreprise un avantage en ce qui concerne la création de rendements supérieurs aux coûts des capitaux.

Agrium compte sur un réseau de points de vente au détail très étendu, ce qui lui permet dans une certaine mesure de fixer les prix et lui procure une visibilité intéressante auprès des utilisateurs du marché agricole et d’autres marchés.

Le secteur des matériaux : un rempart contre l’inflation

La plupart des sociétés productrices de biens durables, y compris les matériaux, offrent une excellente protection contre l’inflation. C’est le cas de l’or, qui bénéficie depuis longtemps de cette réputation. Au Canada, le secteur aurifère est un incontournable : il représente à lui seul environ la moitié de la capitalisation boursière du secteur des matériaux de l’indice TSX. Notre expérience démontre cependant que les sociétés aurifères ne constituent pas toujours les meilleurs placements. Le cours de leurs actions est en effet soumis à de fortes fluctuations, et sur de longues périodes, elles génèrent un rendement sur le capital investi inférieur à celui d’autres titres.

L’or, néanmoins, met en relief l’importance d’une gestion active pour les investisseurs dans le secteur des matériaux. Dans le secteur aurifère, il est primordial de savoir quand prendre position et quand se retirer, comme c’est aussi le cas pour les actions de tous les producteurs de matériaux dont les prix fluctuent fortement.

Des perspectives générales plutôt favorables pour les matériaux

La baisse importante du prix des matériaux de base ces dernières années semble tirer à sa fin et les perspectives s’améliorent. Si l’on se fie à la demande en provenance des États-Unis et des pays en développement, il faudra une quantité croissante de matières premières pour soutenir les grands projets d’infrastructure. La légère amélioration de la conjoncture économique en Europe est un autre facteur positif potentiel pour le secteur des matériaux.

Par ailleurs, certains pays lourdement endettés ont décidé de renoncer à des régimes d’austérité trop stricts et se concentrent actuellement sur la stimulation de la croissance économique par d’importants investissements dans les infrastructures, ce qui pourrait insuffler un dynamisme nouveau au secteur des matériaux.

La gestion active au cœur de la réussite

Je suis convaincu que toute décision de placement devrait s’appuyer sur une analyse appropriée effectuée par un spécialiste prudent et chevronné qui soupèsera le compromis nécessaire entre risque et rendement. L’expérience vaut son pesant d’or lorsqu’il s’agit de placer de l’argent dans le secteur des matériaux. À notre avis, une analyse fiable de la rentabilité à long terme de l’entreprise convoitée et une évaluation prudente du prix d’acquisition de la position sont essentielles pour assurer un rendement satisfaisant.

Et s’il est vrai que le profil des sociétés de matériaux paraît souvent monotone, obtenir un bon rendement n’a en revanche rien d’ennuyeux. Une gestion active et sélective dans le secteur des matériaux peut rapporter gros.

Craig Maddock

Craig Maddock, CFP, CFA, CIM, MBA, est vice-président à la gestion des placements chez Gestion financière MD. Il dirige les gestionnaires de portefeuille et les analystes en placement qui gèrent les fonds communs de placement et les fonds collectifs de MD.