Bienvenue chez
Gestion financière MD

Merci d’utiliser le service de clavardage MD

Pour nous aider à mieux vous servir, veuillez fournir les renseignements demandés ci-dessous.

Communiquez avec un conseiller MD

Facebook : pourquoi ne rien faire est parfois la meilleure chose à faire

Publié le 21 juin 2017, 19:54 | Rédigé par Edward Golding

Dans l’univers des placements, la tentation du gain rapide est l’une des plus irrésistibles. Qui n’a pas déjà souhaité avoir mis la main sur un « ten-bagger » – vous savez, ce titre dont la valeur est multipliée par 10 par rapport à son coût initial – et l’avoir revendu à son apogée? Nous savons bien sûr que la réalité n’est pas si simple et que parfois, un titre va complètement à l’opposé de ce qu’on avait prévu.

Même les meilleures actions connaissent parfois un départ chancelant

Récemment, j’ai écrit un article sur les taux de croissance élevés des FAANG (Facebook, Amazon, Apple, Netflix et Google) dans lequel j’expliquais comment ces titres sont aujourd’hui devenus les moteurs de la croissance des marchés boursiers. Même si les FAANG continuent d’influer fortement sur le rendement global des marchés, ils ont subi une forte correction au cours de la dernière semaine. Depuis le 9 juin, les actions des FAANG se sont en effet dépréciées de 5 % à 9 %. Une volatilité de cette amplitude pousse parfois à l’erreur les investisseurs qui adoptent une vision à court terme plutôt que de se concentrer sur les mérites à long terme des entreprises.

Dans le cas particulier de Facebook, nous continuons de croire dans la solidité à long terme des facteurs fondamentaux de l’entreprise, même si lorsque nous avons acheté des actions de Facebook au nom de nos porteurs de parts du Fonds américain de croissance MD à la fin de mai 2012, ce potentiel de croissance n’était pas si évident.

Le premier appel public à l’épargne (PAPE) de Facebook a eu lieu le 18 mai 2012 et a été l’un des plus importants de l’histoire du secteur de la technologie. À son sommet, la capitalisation boursière de Facebook a atteint 104 milliards de dollars. Le prix d’émission avait été fixé à 38 $. Nous avons fait l’acquisition de nos parts le 23 mai au prix de 32,90 $ chacune. Le poids relatif en portefeuille du titre était infime, à tout juste 0,6 %.

Nous étions convaincus que Facebook était sur le point de devenir un de ces géants des médias sociaux et deviendrait un espace numérique incontournable pour les annonceurs publicitaires. Nous étions d’avis que malgré son stade encore embryonnaire, la publicité sur mobile deviendrait le véritable vecteur de la croissance de cette entreprise. Ce potentiel était à l’époque encore largement inexploité et la plupart des revenus venaient de la plateforme des ordinateurs.

Notre optimisme sur les perspectives d’avenir de Facebook ne faisait pas l’unanimité. À cause du scepticisme que soulevaient les perspectives de croissance des recettes publicitaires sur la plateforme mobile, l’action de Facebook a perdu plus de 46 % de sa valeur après que nous en ayons fait l’acquisition pour glisser sous le seuil de 18 $ en septembre 2012.

Une foi inébranlable dans les facteurs fondamentaux de l’entreprise

Comme la moitié de la valeur de notre placement s’était évanouie plutôt rapidement, nous devions piler sur notre orgueil et réévaluer nos convictions initiales. Nos projections de croissance des recettes publicitaires mobiles étaient-elles erronées? La croissance du nombre mensuel d’utilisateurs actifs allait-elle ralentir, voire reculer? Le modèle d’affaires était-il plus vulnérable à la concurrence que nous l’avions d’abord prévu?

Après cette dépréciation de presque 50 % de notre placement, nous aurions eu toutes les raisons de jeter la serviette et de passer à autre chose. Pourtant, notre analyse nous a convaincus de garder confiance. Nous avons donc effectué d’autres achats (pour maintenir le poids relatif de l’action au pourcentage initial de 0,6 %) au deuxième semestre de 2012 et au premier semestre de 2013.

Même si le cours de l’action de Facebook est revenu à son point de départ uniquement en juillet 2013 (plus d’un an plus tard), nous avons été patients et avons gardé le cap, un principe de base de notre méthode de placement axée sur le long terme.

Conserver des actions en perte de vitesse parce que les facteurs fondamentaux sont solides

En tant qu’investisseurs en Bourse axés sur le long terme, nous n’accordons pas une grande importance aux fluctuations à court terme d’un titre. Nous ne nous soucions pas vraiment des bénéfices du dernier trimestre. Nous nous concentrons plutôt sur les facteurs fondamentaux à long terme des entreprises comme la croissance du bénéfice et du chiffre d’affaires, les marges bénéficiaires, l’évaluation, le ratio de couverture des dettes, les orientations stratégiques, et la gestion et la résilience du modèle d’affaires devant la concurrence. En nous concentrant sur ce genre de critères, qui s’inscrivent dans la durée, nous nous plaçons en meilleure position pour améliorer les résultats financiers de nos clients.

Un investisseur qui aurait placé ses capitaux dans l’indice S&P 500 et les y aurait maintenus de janvier 1988 à juin 2017 aurait obtenu un rendement annualisé de 10,23 % (en dollars américains). Toutefois, si cet épargnant avait retiré ses fonds du marché seulement pendant les 10 meilleures journées de cette période, son taux de rendement aurait plongé à 7,07 %, une perte de rendement annualisé de plus de 3 %, un scénario plausible quand on sait que plusieurs des meilleures journées sont survenues en périodes de forte volatilité, celles où bien des investisseurs décident de sortir du marché.

Une vision à long terme

Revenons à Facebook. Le moment de notre achat initial aurait sans doute pu être mieux choisi, mais nos arguments de fonds étaient irréprochables. Le chiffre d’affaires de Facebook atteint aujourd’hui un taux annuel de croissance composé de presque 50 % et la publicité sur la plateforme mobile représente environ 85 % du chiffre d’affaires total. Le nombre mensuel d’utilisateurs actifs atteint 1,95 milliard et Facebook est devenue un incontournable les annonceurs publicitaires s’ils veulent atteindre la clientèle visée par.

Le 15 juin 2017, l’action de Facebook se négociait à à presque 149 $, une hausse incroyable de 353 % par rapport au cours où nous l’avons achetée, un succès rendu possible par notre méthode de placement à long terme et notre résolution à ne pas recourir aux techniques d’anticipation du marché.

Nous nous sommes servis ici de Facebook comme d’un exemple pour mettre en évidence les dangers d’une méthode de placement à courte vue, mais il importe aussi de comprendre que même l’analyse la plus rigoureuse et la vision à long terme la mieux réfléchie ne peuvent à tout coup nous prémunir contre les pertes attribuables à une action donnée. Cette possibilité est toujours présente. Toutefois, notre vision à long terme réduit au strict minimum le risque additionnel que créerait une tentative de battre le marché en tentant d’anticiper le meilleur moment pour acquérir ou vendre une action donnée.

Plutôt que de fantasmer sur le prochain « ten-bagger », nous concentrons nos efforts sur l’obtention d’un rendement à long terme sain.

Balises: 

À Propos de Edward Golding

Edward Golding, CFA, MBA, est gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Gestion de placements chez Gestion financière MD. Il est responsable des fonds communs et collectifs de titres canadiens, de dividendes et d’actions américaines de MD.