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Réserve fédérale : nouveau président, même politique

Publié le 03 novembre 2017, 16:28 | Rédigé par Edward Golding

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Reconnaissons-le, l’annonce consécutive à la réunion du Federal Open Market Committee (FOMC) de cette semaine a été un peu ennuyeuse.

Il est vrai que c’est un peu étrange de qualifier d’ennuyeux le travail de la Fed. Après tout, l’institution a pour mandat de réguler la plus grosse économie de la planète.

Partout dans le monde, les investisseurs avaient prévu le maintien des taux, et la Réserve fédérale ne les a pas contredits. Elle a aussi annoncé comme prévu le lancement du long processus de normalisation de son bilan.

La décision du président Trump de ne pas reconduire le mandat de Janet Yellen à la tête de la réserve fédérale est plus étonnante. Cette décision peu orthodoxe n’était cependant pas inattendue et son annonce est donc presque passée inaperçue.

La continuité

Historiquement, les présidents de la Réserve fédérale arrivés au terme de leur premier mandat en ont toujours obtenu un deuxième, voire plusieurs autres. Alan Greenspan avait été nommé par Ronald Reagan et il est ensuite resté à la tête de la banque centrale des États-Unis pendant toute la durée des administrations de Bill Clinton et de George W. Bush. Mais qui s’étonnera vraiment que le président Trump agisse de manière inhabituelle?

Le nouveau président de la Réserve fédérale est donc Jerome Powell, un républicain qui a des antécédents dans le monde de la finance et du capital-investissement (mais qui est aussi le premier président en près de 40 ans à ne pas détenir un diplôme d’études supérieures en économie). On s’attend à ce qu’il soit plus souple que Janet Yellen dans le dossier de la réglementation des banques.

Ce sont là les seules véritables différences. M. Powell est membre du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale depuis cinq ans et a toujours voté avec la majorité des gouverneurs. Doctorat ou non, ses points de vue sur la macroéconomie semblent similaires à ceux de Yellen.

Comme la nomination de Powell n’annonce pas de changements radicaux, la nouvelle n’a suscité ni enthousiasme ni réprobation sur les marchés. Comme si de rien n’était.

Revenons maintenant un peu à cette réunion du FOMC pour tenter d’entrevoir ce qui nous attend.

Probablement, à moins que…

L’économie américaine continue de croître lentement, mais sûrement, malgré les perturbations causées par les ouragans. Le FOMC maintient donc pour l’instant les taux d’intérêt à l’intérieur d’une fourchette plutôt basse de 1 % à 1,25 % et s’en tient à sa politique accommodante. Les analystes s’attendent toutefois à ce que la Réserve fédérale augmente progressivement les taux d’intérêt. Une première hausse serait décrétée en décembre et trois autres suivraient en 2018.

La concrétisation ou non de ces hausses dépendra des analyses continues que fait la Réserve fédérale de la conjoncture économique. La Réserve est convaincue de la solidité relative de l’économie en ce moment. Toutefois, si cette conviction devait changer, la démarche de majoration des taux changerait aussi.

L’élucidation du mystère que constitue actuellement l’inflation jouera un rôle central dans cette analyse. L’inflation reste en effet inférieure au taux cible de 2 % fixé par la Réserve fédérale, même si le taux de chômage se situe actuellement à tout juste 4,1 %.

Cette dernière statistique peut être trompeuse, cependant. Elle représente la proportion de travailleurs sans emploi et qui s’en cherchent un. Elle fait abstraction des personnes qui ne cherchent pas de travail.

Les statistiques sur l’emploi sont silencieuses sur le grand nombre de chômeurs américains qui ne se cherchent plus de travail. Mais ces chômeurs expliquent peut-être pourquoi l’inflation des salaires demeure timide et pourquoi la Réserve fédérale devrait maintenir sa politique d’augmentation lente, mais constante des taux d’intérêt.

L’économie a toutefois absorbé sans problème les augmentations de taux récentes, et de nouvelles majorations de quelques points de pourcentage procureraient à la Réserve fédérale la marge de manœuvre nécessaire pour réduire les taux de nouveau si une récession devait survenir.

Légiférer pour stimuler la croissance économique

L’économie américaine croît sans interruption depuis la fin de la crise financière de 2008 et demeure la pierre d’assise de l’économie mondiale. Les dépenses des consommateurs demeurent fortes, les dépenses d’investissement ont augmenté ces dernières années et le déficit commercial est stable.

Malgré tout, la croissance du PIB demeure faible par rapport aux données historiques et le président Trump a fait campagne sur sa volonté d’accélérer la croissance.

Cette semaine, M. Trump devrait proposer au Congrès un nouveau régime fiscal prévoyant des réductions d’impôts pour les sociétés et les particuliers. Ce nouveau régime pourrait stimuler l’économie en poussant à la hausse les bénéfices des entreprises et le revenu disponible des consommateurs, d’où une augmentation de la consommation, de l’emploi et de l’inflation des salaires et des prix à la consommation. En fait, les marchés boursiers préconisent ce genre de politique depuis un certain temps déjà.

M. Trump a aussi évoqué un programme de renouvellement des infrastructures routières et ferroviaires d’une valeur de mille milliards de dollars qui serait financé par des fonds publics et privés. Ce programme créerait selon lui une multitude d’emplois.

Même sans programme de cette nature, l’économie des États-Unis semble connaître une progression constante, avec un taux de croissance annuel qui se maintient entre 2,0 et 2,5 %. À moins d’une crise imprévue, l’économie américaine devrait donc continuer de croître, et l’augmentation des bénéfices des entreprises et des rendements boursiers se poursuivre malgré les évaluations boursières élevées.

Edward Golding

Edward Golding, CFA, MBA, est gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Gestion de placements chez Gestion financière MD. Il est responsable des fonds communs et collectifs de titres canadiens, de dividendes et d’actions américaines de MD.