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S’adapter à la nouvelle norme du pétrole bon marché : la cure d’amincissement des pétrolières

Publié le 11 août 2017, 07:54 | Rédigé par Richard Schmidt

Le secteur énergétique fait actuellement figure de parent pauvre des marchés boursiers. En effet, de nombreuses sociétés pétrolières essuient de lourdes pertes depuis que les cours du brut ont été coupés de moitié ces dernières années.

Les prix du pétrole sont bas, mais cette situation me convient.

L’analyse de l’évolution des cours pétroliers au cours des 30 dernières années mène à un constat : ce sont les prix élevés du début des années 2010 qui constituent la véritable anomalie. Les pétrolières sont déjà arrivées dans le passé à générer des bénéfices dans un contexte de bas prix. Je demeure donc convaincu qu’il existe d’excellentes raisons de conserver des positions dans le secteur pétrolier.

Voyons maintenant pour quelles raisons le secteur énergétique demeure un élément de base important de plusieurs portefeuilles MD et pourquoi certaines sociétés clés dans lesquelles nous détenons des positions obtiennent, malgré la conjoncture difficile, des résultats intéressants – au point où la valeur boursière de certaines sociétés s’est accrue depuis l’époque où le pétrole se négociait à un prix dans les trois chiffres.

Prix du pétrole West Texas Intermediate ($ CA par baril, ajusté en fonction de l’inflation)
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Dans le secteur pétrolier, les prix élevés ne sont pas la norme. Nous avons déjà vécu d’autres périodes de « bas » prix. Et plus d’une fois.
Source : Bloomberg.

Une économie dopée au pétrole mise au régime sec

Il y a à peine quelques années, l’économie canadienne était dopée par les succès des producteurs de sables bitumineux, qui bénéficiaient de prix atteignant 100 $ le baril de pétrole brut. L’effondrement mondial des cours en 2014 a littéralement assommé l’industrie et convaincu de grandes sociétés pétrolières comme Royal Dutch Shell PLC et ConocoPhillips Company de céder leurs intérêts dans l’exploitation des sables bitumineux.

Après avoir touché le fond, les prix du brut ont remonté, mais ils demeurent cantonnés entre 40 $ US et 50 $ US le baril. À notre avis, il est peu probable qu’ils augmentent davantage d’ici la fin de l’année.

Les pétrolières s’ajustent aux bas prix 

Le patron de la plus grande société pétrolière européenne a déclaré le mois dernier que son entreprise considérait que les bas cours pétroliers allaient perdurer. Le chef de la direction de Royal Dutch Shell, Ben van Beurden, a en effet fait cette déclaration dans le cadre d’une entrevue accordée à Bloomberg, dans laquelle il a aussi révélé qu’il ferait l’acquisition le mois suivant d’une Mercedes-Benz électrique!

Les producteurs canadiens de pétrole sont eux aussi en train de s’ajuster à la nouvelle norme du pétrole bon marché, aux solutions de remplacement qui émergent et au virage provoqué par les changements climatiques. Et quelques-uns y arrivent mieux que d’autres.

Opération dégraissage pour les pétrolières

Une analyse des titres énergétiques en portefeuille révèle que quelques sociétés se démarquent des autres par leur résilience. « Malgré la baisse spectaculaire des cours pétroliers, l’évaluation boursière de certains grands producteurs canadiens, notamment Suncor et Canadian Natural Resources, est dans les faits supérieure aujourd’hui à ce qu’elle était en 2014 », a indiqué Hovig Moushian, gestionnaire de portefeuille de l’Équipe de valeur toutes capitalisations Mackenzie.

Cette équipe est le sous-conseiller du Portefeuille distinct d’actions canadiennes, composé de titres achetés au nom des clients de Conseils en placement privés MD.

Selon Moushian, ces producteurs ont rationalisé leur exploitation, gagné en efficacité et accru leur production de manière à abaisser le coût de revient de chaque baril. Qui plus est, Suncor et Canadian Natural Resources génèrent actuellement une forte quantité de flux de trésorerie disponibles, un phénomène attribuable à l’augmentation de la production par rapport à 2014 et au fait que les flux de trésorerie servaient alors à financer d’importants programmes d’immobilisations.

« Nous estimons que les évaluations sont raisonnablement attrayantes, tout dépendant de l’entreprise, et croyons que le potentiel d’augmentation des cours pétroliers est aujourd’hui nettement supérieur à ce qu’il était lorsque les cours pétroliers dépassaient le seuil des 100 $ », indique‑t‑il.

L’intégration verticale des pétrolières joue aussi en leur faveur, car elles arrivent ainsi à générer des bénéfices à toutes les étapes de la production. Suncor, par exemple, exploite quatre raffineries et est propriétaire de plus de 1 500 points de vente au détail exploités sous la bannière Petro-Canada.

La modération comme clé du succès

Le pétrole demeure un élément important, bien que changeant, de l’économie mondiale. Le poids relatif que MD consacre au secteur énergétique varie d’un fonds à l’autre. Les fonds canadiens contiennent habituellement une plus forte proportion de titres énergétiques, car ce secteur représente une énorme partie des marchés financiers canadiens et 20 % de l’indice S&P/TSX.

Loin de moi l’idée de laisser entendre que les titres énergétiques généreront des gains mirobolants sous peu, mais le maintien de positions dans ce secteur contribue à une saine répartition sectorielle de tout portefeuille bien équilibré.

Balises: 

Richard Schmidt

RICHARD SCHMIDT, CFA, est analyste en placement quantitatif au sein de l’équipe Gestion de placements chez Gestion financière MD. Il supervise les recherches et l’analyse pour tous les mandats d’actions et de titres à revenu fixe.