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Topo sectoriel : Les grandes banques, un fleuron canadien

Publié le 06 novembre 2017, 12:13 | Rédigé par Mark Fairbairn

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Dans le monde des placements au Canada, les actions de banques sont comme le hockey ou les Timbits : un incontournable. En fait, comme les banques représentent près du tiers du principal indice boursier canadien, il serait même difficile pour nous de ne pas posséder de titres bancaires.

Dix ans se sont écoulés depuis la crise financière mondiale. Le moment nous paraît donc bien choisi pour une petite analyse du secteur bancaire, au Canada et à l’étranger. Les banques canadiennes ont été plus résilientes que leurs contreparties étrangères et sont sorties indemnes de la crise de 2008. Aux États‑Unis et en Europe, les victimes ont été nombreuses. Selon le classement du Forum économique mondial, le système bancaire canadien serait l’un des plus sains dans le monde.

En termes de placement, les banques sont donc un gage de stabilité au Canada. Toutefois, le potentiel de croissance de ce secteur est désormais concentré à l’extérieur du Canada et plus particulièrement dans les marchés émergents. La banque de l’avenir pourrait même être une société de technologie.

Les banques canadiennes magasinent outre-frontière

Si 80 banques canadiennes et étrangères détiennent les permis requis pour exercer leurs activités au pays, les six grandes monopolisent plus de 80 % du marché sur le plan de l’actif, des dépôts et des prêts hypothécaires.

Prudentes et concentrées, ces six grandes banques canadiennes se sont étendues à l’international, et selon la société McKinsey1, la moitié de leur actif est placé à l'étranger en raison du faible potentiel de croissance sur le très mature marché canadien. Détenue par des intérêts canadiens, la Banque Toronto-Dominion est devenue grâce à une série d’acquisitions la huitième banque de détail en importance sur le plan de l’actif aux États-Unis.

Un modèle d’affaires fondé sur l’effet de levier

Dans sa version la plus élémentaire, le modèle d’affaires des banques est le même partout dans le monde : elles acceptent des dépôts et prêtent de l’argent, et servent d’intermédiaire entre ceux qui ont des capitaux et ceux qui en ont besoin. Les banques prêtent à des tiers les capitaux que leur confient déposants, créanciers et investisseurs.

Les pratiques et la réglementation bancaires varient d’un pays à l’autre. Les banques canadiennes sont soumises à une réglementation très stricte, ce qui a bien servi notre pays pendant la crise financière. Dans d’autres pays, on autorise parfois les banques à se montrer plus audacieuses, à exploiter davantage l’effet de levier et à prendre plus de risques, et à être moins transparentes.

Hors Canada, il est parfois difficile de comprendre la nature exacte de l’actif d’une banque, ce qui accroît le risque de placement : impossible de connaître la qualité des créances détenues et de savoir si certains bénéfices sous-jacents viennent de pratiques douteuses.

Trier les occasions sur le volet

Nous analysons les banques en fonction du niveau de risque et de la marge de sécurité. Pour que nos placements bancaires offrent une importante marge de sécurité, Earnest Partners, un sous‑conseiller du Fonds international de valeur MD installé à Atlanta, recherche quatre caractéristiques fondamentales : des marges sur prêt élevées, une structure peu coûteuse, des procédures de souscription fermes et des protections juridiques à toute épreuve pour les investisseurs et les prêteurs.

« Le profil risque-récompense des banques étrangères qui répondent à ces critères est souvent supérieur. Faible endettement et capitalisation importante procurent aux investisseurs le coussin requis pendant les périodes de ralentissement ou de hausse des taux d’intérêt », affirme l’équipe d’Earnest.

Earnest se concentre sur les pays où le secteur bancaire ne représente qu’une faible portion du PIB et où les banques n’ont pas à outrepasser leurs capacités financières ou à négliger les normes de crédit pour générer des rendements attrayants.

Le conseiller estime que le Brésil, l’Inde et la République tchèque figurent au nombre des pays offrant les meilleures possibilités sur le plan de la rentabilité et du rendement du crédit.

Il considère en priorité l’existence du système judiciaire dans la protection des droits de propriété des investisseurs, mais également l’efficacité d’un régime de faillite qui protège les droits des prêteurs.

« Ces questions ont une grande importance pour nous. Le piètre système de protection des droits de propriété en Russie crée un risque extrême de perte totale si, par exemple, un fonctionnaire local des services de sécurité fédéraux russes s’intéresse à votre entreprise », affirment les analystes d’Earnest.

ING : un chef de file européen de l’ère du numérique

L’Europe en est peut-être à ses premiers signes de relance économique, mais son secteur bancaire continue de s’attirer les foudres de la population, ébranlée par le Brexit, les troubles politiques et le déclin général des économies méridionales.

L’amélioration de la situation des banques est assombrie par une réglementation incertaine. Leur évaluation demeure généralement attrayante, mais elles comportent une part de risque et les investisseurs doivent donc se montrer sélectifs.

Dans ce contexte, le sous-conseiller AGF a jeté son dévolu sur ING. « ING offre un rendement élevé sur les capitaux propres, en plus de présenter un bilan solide, une capitalisation élevée et une bonne capacité de génération de capitaux. ING est aussi, à notre avis, le chef de file mondial des services bancaires numériques. Elle continue de gagner des parts de marché, d’où la croissance continue de son portefeuille de prêts malgré une conjoncture sectorielle peu propice à la croissance du crédit. »

J.P. Morgan : le géant américain qui a tout à gagner

L’équipe d’AGF est beaucoup plus optimiste pour les banques américaines. Selon elle, le secteur bancaire profitera de la hausse des taux d’intérêt et de l’assouplissement de la réglementation.

« J.P. Morgan est à nos yeux la banque qui possède le plus de potentiel », indique l’équipe des placements, justifiant ce choix par l’importante capacité bénéficiaire, l’augmentation des parts de marché, la diversité des flux de revenus et la culture axée sur le service à la clientèle.

« Sur le plan historique, J.P. Morgan a toujours généré des rendements supérieurs aux coûts des capitaux et nous pensons qu’elle continuera de le faire. Ces capitaux excédentaires peuvent ensuite être transférés aux actionnaires sous forme de dividendes ou de rachat d’actions. Malgré la forte appréciation du cours de l’action, nous pensons qu’elle conserve un attrait à long terme intéressant. »

La prochaine grande banque sera une plateforme technologique

Au cœur de la révolution technologique en cours dans le secteur bancaire, les consommateurs des marchés émergents ont été les premiers à adopter avec enthousiasme les nouveaux modèles, n’ayant aucune réticence à effectuer toutes leurs opérations bancaires au moyen d’un téléphone intelligent. Les plateformes technologiques comme Alibaba Group, Amazon et Tencent Holdings effectuent actuellement des incursions dans la chasse gardée traditionnelle des banques.

En quatre ans seulement, une société dérivée du géant chinois du commerce électronique, Alibaba Group, a créé le plus important fonds du marché monétaire dans le monde. Conçu pour AliPay et rassemblant quelque 370 millions de titulaires de comptes et un actif de plus de 210 milliards de dollars, ce fonds a été baptisé Fonds du marché monétaire Tianhong Yu’e Bao, ce qui se traduit littéralement par « trésor oublié ».

Tencent Holdings, dans laquelle MD détient une participation et dont il a été question dans ces lignes en mars dernier, et qui n’est pas une banque, est un chef de file du secteur des paiements mobiles grâce à sa participation dans la banque chinoise en ligne privée, la WeBank. Le système WeChat Pay a été intégré à la très populaire application de messagerie instantanée WeChat, qui compte plus de 889 millions d’utilisateurs.

Tout compte fait, une certaine retenue s’impose

Par apport aux indices de référence, les actions du secteur bancaire sont sous-pondérées dans les portefeuilles MD, tant au Canada qu’à l’étranger. Les banques dominent certes le marché canadien, mais le monde ne se limite pas au Canada et nous voulons être présents partout grâce à une sélection prudente des titres.

Nous pensons que si les titres bancaires peuvent ajouter de la valeur, d’autres possibilités s’offrent aussi à nous pour rehausser le rendement des portefeuilles.

Nous jaugeons ces placements en tenant compte de l’ensemble des possibilités qui s’offrent à nous dans tous les secteurs et notamment ceux des soins de santé, des produits de consommation et… du secteur de la restauration. Eh oui Canadiens, rassurez-vous! Il y a aussi quelques Timbits dans nos portefeuilles grâce à la position que nous détenons dans la société mère de Tim Hortons, Restaurant Brands International (RBI)!



The new dynamics of financial globalization, McKinsey Global Institute, août 2017. [Lien vers le PDF (en anglais seulement) : 
McKinsey Global Institute The New Dynamics Of Financial Globalization

 

Mark Fairbairn

Mark Fairbairn, CFA, B. Ing., est analyste en placement principal au sein de l’équipe Gestion de placements chez Gestion financière MD. Il est responsable des fonds communs et collectifs d’actions non nord-américaines ainsi que du volet de superposition des devises des fonds d’actions.