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Avez-vous des préjugés? Les effets de la finance comportementale sur les décisions des investisseurs

Le 15 décembre 2014

Lorsque vous prenez une décision de placement, êtes-vous toujours convaincu que votre choix est rationnel ou avez-vous déjà envisagé la possibilité que d’autres facteurs aient teinté votre décision?

Depuis peu, des économistes et des spécialistes des effets des comportements humains sur les marchés financiers s’intéressent de plus en plus à la «  finance comportementale », une discipline qui étudie les facteurs psychologiques qui influent sur le comportement des investisseurs et, par conséquent, sur l’évolution des marchés financiers. Une des principales conclusions des études en ce domaine est que les investisseurs appuient souvent leurs décisions financières sur des «  règles heuristiques », c’est-à-dire des conditions idéales, plutôt que de s’en tenir à une analyse rationnelle et rigoureuse des faits.

Dans le présent article, nous nous penchons sur trois règles heuristiques de base (des préjugés) qui dictent parfois le comportement des investisseurs : le biais d’ancrage, l’effet de récence et le biais de confirmation.

«  La compréhension de la finance comportementale jette un éclairage nouveau sur les aspects humains des décisions de placement et peut nous aider à prendre des décisions rationnelles et à maintenir le cap sur nos objectifs à long terme pendant les périodes de bouleversements. Elle peut contribuer à notre succès en tant qu’investisseurs, parce qu’elle nous aide à regarder vers l’avant et à profiter des occasions qui se présentent », affirme William R. Horton, Jr., chef de la direction des placements chez Gestion financière MD.

Biais d’ancrage

Un biais d’ancrage survient lorsque l’investisseur se donne un nombre, une valeur ou un prix précis de référence qui devient le «  point d’ancrage » de sa décision. Dès que le point d’ancrage a été créé, l’investisseur concentre toute son attention sur cette valeur plutôt que sur une analyse complète des facteurs.

À quel moment ce genre de biais devient-il un problème? Le problème se manifeste lorsque l’investisseur refuse systématiquement de vendre une action dont le cours a plongé tant qu’elle ne sera pas revenue à sa valeur maximale antérieure. Même si, en réalité, ce plafond ne correspond nullement à la trajectoire probable à venir de l’action (et même si absolument rien ne garantit que l’action reviendra un jour à cette valeur), il devient alors le point d’ancrage d’un processus décisionnel malsain.

Effet de récence

L’effet de récence est un biais cognitif (une forme d’irrationalité) fréquent qui consiste à accorder une importance démesurée à des observations ou à des événements récents.

On pourrait donner comme exemple le fait pour certaines personnes d’hésiter à prendre l’avion le lendemain d’un écrasement. La probabilité que leur propre avion s’écrase n’a pas changé depuis la veille, mais la perception du risque, elle, est différente. Ce genre de biais se manifeste souvent chez les investisseurs après des fluctuations spectaculaires (à la hausse ou à la baisse) des marchés qui les incitent à percevoir ceux-ci comme «  plus risqués ».

Biais de confirmation

Le biais de confirmation se manifeste par une propension à ne tenir compte que des éléments d’information confirmant nos propres convictions et à nier ceux qui le contredisent. Chez les investisseurs, ce genre de réflexion sélective s’exprime par une tendance à ne voir que l’information appuyant les placements qu’ils privilégient plutôt que de tenir compte de toute l’information pertinente.

Comment éviter ces biais?

Les démarches heuristiques ont tendance à persister parce qu’elles nous aident à prendre des décisions rapidement, surtout lorsque nous sommes devant une situation complexe et incertaine. Cependant, s’en remettre trop lourdement à certaines règles générales peut empêcher l’investisseur d’atteindre ses objectifs financiers si cette propension l’incite à agir sans avoir soupesé l’ensemble des facteurs.

Dans un article intéressant sur le sujet, on fait état d’une étude selon laquelle, dans de nombreux cas, les personnes plus intelligentes sont plus vulnérables à ce genre de failles du raisonnement qu’on ne le croyait auparavant. On tient en général pour acquis que les personnes intelligentes sont moins vulnérables aux biais, résume cet article, mais en réalité, l’intelligence en ce domaine ne garantit strictement rien.

Le rapport, publié dans le Journal of Personality and Social Psychology, a été rédigé par des chercheurs de l’Université James Madison et de l’Université de Toronto qui en viennent à la conclusion que «  les participants les plus évolués sur le plan cognitif étaient aussi ceux qui étaient les plus aveugles à leurs propres biais », c’est-à-dire à leur incapacité de déceler les failles de leurs propres raisonnements (malgré leur habileté à déceler ces failles chez les autres). «  Cette tendance [indique] que les personnes plus intelligentes […] celles qui sont les plus susceptibles de s’engager dans un processus de délibération intérieure sont les plus vulnérables aux erreurs mentales », conclut l’article publié dans le New Yorker.

Un des moyens mis à la disposition des investisseurs pour éviter d’être victimes de biais comportementaux consiste à faire participer d’autres personnes à leurs décisions financières. Si vous souhaitez vous assurer que vos décisions sont éclairées, il importe de consulter un conseiller financier accrédité afin de déterminer quelles sont les stratégies qui fonctionneront le mieux pour vous dans votre situation.

«  Il est particulièrement important de ne pas laisser le biais d’ancrage, l’effet de récence ou le biais de confirmation influer de manière exagérée sur votre degré de tolérance au risque. Un des meilleurs moyens pour éviter ces raccourcis mentaux consiste à solliciter le point de vue de votre conseiller MD », conclut le chef de la direction des placements de MD, M. Horton.